Populaire dans toute la Caraïbe, ce chocolat antan-lontan est idéal au petit -déjeuner comme au goûter.L’origine de cette boisson remonterait selon certains du temps de l’abolition de l’esclavage. Boisson accessible et peu chère, elle a pris en popularité.
chocolat caraibe
Mais pourquoi thé au cacao?
En anglais, le mot thé est utilisé ,surtout dans les îles anglophones, pour désigner une boisson chaude. Mais l’expression thé au cacao, fait aussi référence à la boisson noble que buvaient les bourgeois et les travailleurs avant d’aller travailler.
Le bâton de cacao utilisé celui fabriqué dans la plus pure tradition. Après récolte des cabosses de cacao, les fèves sont mises en fermentation, séchées puis torréfiées. Il faudra piler les fèves jusqu’à obtenir une pâte, qui sera enroulée dans une feuille de bananier.
baton de cacao
Le bâton obtenu sera râpé dans de l’eau chaude , on y ajoute du sucre de canne, des épices telles que la cannelle, de la noix de muscade, feuille de bois d’inde (ou laurier).
baton de cacao râpé
La recette diffère, selon l’île et ,selon les familles. Du lait ou du lait de coco sont ajoutés, du lait concentré pour sucrer à la place du sucre de canne. A vous de voir. Vous pourrez déguster ce chocolat accompagné d’une bonne brioche ou d’un morceau de pain au beurre. Gourmandise assuré!
1à 2 càc de toloman ou 2 cac d'arrow root( dilué dans 4cl d'eau)
1 pincée de sel
1feuille de laurier ( facultatif)
3c. à soupe de sucre (45gr)
Instructions
Dans une casserole, placez l’eau et les épices (cannelle, muscade, feuille de bois d’inde ou laurier). Portez à ébullition à feu moyen, dès les premiers remous baissez la source de chaleur et laissez infuser 5 min.
Ajoutez le cacao râpé, et laissez mijoter 5 minutes à feu moyen.
Ajoutez le lait de coco, le sucre la pincée de sel , et le toloman dilué dans 1 cà. soupe d’eau.
Laissez cuire 10 min , en remuant de temps en temps.
Notes
Vous pouvez remplacer le toloman par de l’arrow-root ou de la fécule de maïs.
Quelle surprise lorsque j’ai découvert qu’ au-delà de l’amande intérieur, la coque ou plutôt la fine pellicule était elle aussi comestible.
Tout à commencé lorsque par hasard , j’ai découvert sur le blog de Tchakayiti ,(www.tchakayiti.com ) cette confiture, je fus surprise, mais la curiosité a pris le dessus.
Amande des Antilles
Ces amandes ont fait mon enfance, à l’école au moment de la récré, en jouant à la dinette.
Le badamier, l’amande pays ou amande tropicale , nous vient de la Malaisie et peut atteindre 20 à 25 m. Le fruit est comestible, Il n’y a pas grand-chose à manger ,mais la fine pellicule entourant la coque se mange cru ou cuit.
badamier ou amandier pays
A l’intérieur, sous la coque se trouve une amande , qui une fois torréfiée à une texture fine et délicate, en bouche .
S’il y a une confiture que vous devez essayer , c’est bien celle de l’abricot pays. Son parfum et son goût son exceptionnels et vous pourrez bien y devenir accro.
Abricot pays(des Antilles) ou mamey en anglais, est un fruit rond de couleur marron. Sa chair est orange et fibreuse et son odeur parfumée. Les Caraïbes appréciaient ce fruit qu’ils nommaient Manchibouï.
Lorsque j’allais en chercher petite avec ma mère, les arbres se trouvaient en campagne , vers les zones humides. Ils sont immenses et peuvent atteindre jusqu’à 25 mètres.
La chair est orangée et parfumée, certains fruits ont une pulpe juteuse, d’autres sont un peu plus sèches, mais bien parfumée et pour avoir ramassé pas mal de fruit, je peux vous dire que les serpents ont l’air d’aimer ça aussi.
Le fruit était souvent consommé aux 17eme siècle ,en fines lamelles trempées dans du vin rouge et du sucre. Un mélange sympa et rafraichissant.
Epluchez les abricots en faisant 4 entailles dans la peau en partant de chaque extrémité ,tirez la peau marron.Puis épluchez la fine pellicule blanchâtre située sous la peau marron, épluchez de manière franche cette pellicule ,car elle donne des maux de ventre.
Coupez des morceaux de pulpe, puis placez-les dans une casserole avec le sucre et les épices.
Vous pouvez laisser macérer l’ensemble, au réfrigérateur couvert d’un film étirable une nuit. Cela vous évitera de rajouter de l’eau au moment de la cuisson.
Placez à feu doux et laissez mijoter une heure environ, écumez durant la cuisson.
Dans la caraïbe et côté pacifique le fruit à pain ou l’uru est roi. Il était normal de mettre en avant ce légume qui a nourri des générations sur les îles.
Peu connu en dehors des îles , il mérite qu’on le mette plus en avant.
Avec environ 200 variétés différentes ,présentent dans le monde entier, le fruit à pain offre bien des atouts nutritionnels .
4 variétés dominent dans la Caraïbes; le Yellow heart (coeur jaune ) , le Kasher, le Captain Bligh ou Cassava, et le Timor .
fruit à pain au soleil
Pour reconnaitre un fruit à pain mûr, il doit être vert – jaunâtre, et doit avoir la peau lisse. Il se conserve 2 à 3 jours à température ambiante, pour le conserver un peu plus longtemps, placez le au réfrigérateur ou dans un saladier plein d’eau . S’il est trop mûr, et donc un peu mou il sera idéal pour des pâtisseries.Par exemple pour un gâteau au fruit à pain, qui est excellent.
Aujourd’hui j’ai essayé, une pâte brisée, le but était surtout de trouver une alternative à la farine de blé sachant que le fruit à pain se trouve en abondance sur nos îles. Je ne sais pas pour vous mais trouver une autonomie alimentaire avec les ressources sur place est important. Pas facile au début de trouver un bon équilibre car la pâte était sucré dans les premiers essais…très sucré ! Pas top pour un fond de tarte ou pour toute autre production.
pâte brisée au fruit à pain
Des produits de chez nous
Puis m’est venu l’idée d’y ajouter de la moussache, appelé fécule de manioc ou tapioca , vous le trouverez sous ce nom dans les magasins bio. Elle donnera une texture agréable à travailler à votre pâte et estompe le côté sucré du fruit à pain qui était très très présent, voir écoeurant.
fond de tarte au fruit à pain
Il vous faudra aussi un peu de farine de fruit à pain, la recette ce trouve ici .
Très facile à faire mais il vous faudra la préparer en amont. Vous en trouverez dans le commerce, mais il est toujours mieux de savoir en faire.
pâte brisée au fruit à pain
Il faudra être vigilant lors de la cuisson, car le temps de cuisson variera , selon le four . Comptez entre 10 à 15 minutes sous surveillance. Pour un peu plus de croustillante , il n’est pas exclu d’y rajouter un jaune d’oeuf (14gr) mais cela est facultatif. Voilà je crois avoir tout dit, à vos tabliers !
Pâte brisée au Fruit à pain (breadfruit dough)
Une pâte à base de fruit à pain qui vous permettra de réaliser des fonds de tarte, fond de pizza ,pâté salé et bien d'autre.
280 à 290 gr de fruit à pain cuitil vous faudra un fruit à pain de taille moyenne
24gr de farine de fruit à pain
34gr de margarine pommade
18 gr de fécule de manioc ( moussache)
14grde jaune d’oeuf ( facultatif)
Instructions
Préchauffez le four à 180°C.
Lavez à l’aide d’une brosse le fruit à pain. Ôtez la tête et n’hésitez pas à faire quelques entailles dans le fruit, puis placez- le sur une plaque de four et cuire environ 1heure à 180°C.
Lorsque le temps de cuisson est atteint , sortez-le , laissez refroidir. Epluchez le fruit à pain, puis coupez-le en 4 afin d’ôter le coeur ( la partie filandreuse) .
A l’aide d’un moulin à légumes , passez les morceaux jusqu’à obtenir la quantité demandée soit 280gr .
Dans un bol , mélangez du bout des doigts la purée de légume et le beurre.Ajoutez ensuite, la farine de fruit à pain . Mélangez.
Ajoutez à la fin , la fécule de manioc, formez une boule. Vous pouvez la laisser, reposer au réfrigérateur , mais c’est facultatif.
Préchauffez le four à 200°C.
Étalez la pâte sur du papier cuisson , à l’aide d’un rouleau à pâtisserie et faites-en bon usage.
La cuisson est à peu près 10 à 15 min, il faudra la surveiller dans cet intervalle tout dépend de votre four.
Notes
Conseil : Le jaune d’oeuf si vous en mettez, se rajoute en même temps que la margarine.la recette de la farine de fruit à pain est ici : https://saveurcaraibes.com/farine-de-fruit-a-pain/
Sinoball est la contraction du mot snowball, boule de glace ou de neige.Dans le monde entier on en trouve aussi sous le nom de granité, kakigori.
Dans toute la caraïbe, on en mange, très rafraichissant et coloré vous ne serez pas surpris de croiser les vendeurs, arpentant les rues en triporteur fabriqué parfois artisanalement. Les coups de klaxon ou de clochette vous mettront en alerte.
Snacking glacé intemporel
On peut clairement dire que c’est le snacking glacé par excellence des caribéens. Simple mais si réconfortant et rafraîchissant. Un bloc de glace , un rabot, des sirops, une paille et le tour est joué.
Fresco en Haiti
Selon les îles, le nom et les parfums varient des cacahuètes en topping ou du lait concentré sucré, des sirops exotiques ou plus classique.
La texture du snowball ou sinobol est fine, légère dans certaines régions les grains de glace sont plus gros et croquant.
Origine
En regardant du côté du Japon on retrouve le kakigori,datant du IXe siècle. Une glace rasée , à partir d’un pain de glace .La poudre glacée obtenue est elle aussi additionnée de sirop.
Une autre version parle d’origine Américaine remontant vers les années 30 à La Nouvelle -Orléans. Puis le fameux dessert s’est étendu dans les îles anglophones puis toute la caraïbe vers les années 50.
Si vous souhaitez déguster lors de vos voyages, dans la Caraïbe voici ses différents noms.
Cuba : granizados , raspado, rasco-rasco
Porto-Rico : Raspados, servi si vous le souhaitez avec du lait concentré sucré
Le pâté en pot est un potage de légumes, très réputé dans les Antilles françaises. C’est une recette typiquement martiniquaise.
Son nom de départ , le patte en pot c’est petit à petit transformé en pâté en pot.
Ce plat est servi lors de grands évènements (mariage, baptême, communion anniversaire ) , il est prisé de tous.
PATTE EN POT
Pourquoi patte en pot ? A l’origine cette soupe contenait des pattes de mouton , mijotées longuement avec des légumes. Il n’y a pas que des pattes de mouton , les abats sont tous présents (enfin dans toutes les recettes très anciennes que j’ai pu consulter) : tête et cervelle, foie de mouton , pattes , panse , poumons, tripe et coeur.
abats pour le pâté en pot
Evolution
Les recettes actuelles ont évolués, surtout la mienne, pas de tête ni de patte de mouton. Pour la recette, que je vous partage, pour une cocotte de 8-10 litres n’hésitez pas à diviser par deux les quantités
La recette
Pâté en pot Martiniquais
Un potage de légumes réputé lors de grands évènements
2 verres de vin blanc (environ 40cl ) voir un peu moins
2 c a s de câpres
Instructions
Préparation des abats
Lavez les abats avec le citron, frottez chaque pièce de viandes, puis rincez les à l’eau.
Placez dans une casserole , 2,5 litres d’eau , les abats, les feuilles de bois d’inde, les clous de girofle piqué dans l’oignon. Portez à ébullition, pour 2h environ.
Ajoutez le sel après le début de l’ ébullition.
Egouttez la viande, à l’aide d’un robot multifonction, hachez en petit morceau la viande , commencez par les tripes seulement car plus long à hacher, puis les autres abats, plus facile à hacher.Conservez le tout, le temps de préparer les légumes.
Légumes
Lavez , épluchez les légumes.Hachez finement à l’aide du mixeur le giraumon et la pomme de terre ensemble et conservez à part.Hachez ensemble la carotte, les navets , le chou , l’oignon, poireau.
cuisson
Dans une grande marmite, faite chauffer 3 cas d’huile à feu moyen à fort.Ajoutez le mélange carotte-navets-chou-oignon-poireau et faites revenir environ 5 minutes.
Ajoutez les abats hachés, et faites revenir de nouveau 5 minutes. Au cours de la cuisson, vous pourrez décoller les sucs avec l’eau de cuisson de la viande. Ajoutez 3 à 4 c.à soupe d’eau de cuisson et remuez à l’aide d’une cuillère en bois.
Intégrez le mélange pomme de terre-giraumon, la feuille de laurier, ainsi que l’eau de cuisson des abats, salez et poivrez.
Laissez cuire 20minutes, feu fort, la quantité de liquide diminuera.Ajoutez de l’eau environ 1 litre . Et laissez mijoter 45 minutes à 1h 30.
Au moment de servir , proposez du câpres et/ou du vin blanc à chaque portion servie.
Notes
Conseils :Certains mettront le vin et le câpres directement dans la marmite , me concernant je sers à part, cela rend la soupe moins sensible.Le giraumon et la pomme de terre sont ajoutés à la fin , car ils brulent plus facilement, il n’y a pas grand intérêt à les faire revenir.